Dans la zone euro, une inflation record de 10 % sur un an en septembre

Plus de 17 % d’inflation aux Pays-Bas en septembre, par rapport à l’année précédente. Presque 11 % en Allemagne, un pays historiquement allergique à la hausse des prix. En Belgique, 12 %. Entre 22 % et 25 % dans les pays baltes… Les statistiques de la hausse des prix, publiées vendredi 30 septembre par Eurostat, ont apporté leur nouveau lot de records historiques. Jamais, depuis la création de la monnaie unique, l’inflation n’avait été d’un tel niveau.

Sur l’ensemble de la zone euro, elle atteint le seuil symbolique de 10 % en septembre (sur un an) contre 9,1 % en août. L’exception demeure la France, où le bouclier tarifaire a limité la hausse, permettant d’afficher le plus faible niveau des pays de la monnaie unique, à 5,6 %, en recul par rapport à août. Le choc gazier est la principale explication de cette flambée. La Russie a commencé l’été en prétextant des problèmes techniques sur l’alimentation en gaz vers l’Europe, avant de serrer progressivement la vis, et de couper finalement entièrement le gazoduc Nord Stream 1.

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Sur le marché néerlandais, qui sert de référence en Europe, le prix du gaz tournait en septembre 2021 autour de 30 euros par mégawattheure. Après le début de la guerre en Ukraine, fin février, il a quintuplé, avant de se stabiliser un peu au-dessous de 100 euros jusqu’à la fin de juin. Mais, en juillet, il est passé à 200 euros, puis il a touché un pic à 350 euros en août, avant de revenir autour de 200 euros. Du jamais-vu. Dans ces circonstances, l’inflation énergétique en zone euro en septembre (sur un an) est de 41 %. Mais le phénomène se répand à tous les secteurs. L’alimentaire est particulièrement touché, les prix ayant augmenté de 12 % sur un an.

Une récession semble inévitable

L’industrie, forte consommatrice d’énergie, subit le même phénomène : le prix des biens industriels progresse de 5,6 %. Quant aux services, où l’impact énergétique est normalement plus dilué, l’inflation y atteint 4 %. « Ce saut de l’inflation dans la zone euro en septembre sera une grave inquiétude pour la Banque centrale européenne [BCE] », souligne Jessica Hinds, du cabinet Capital Economics. La BCE, dont le mandat est de maintenir l’inflation à 2 %, a commencé à augmenter fortement son taux d’intérêt, passé de − 0,5 % en juin à 0,75 % aujourd’hui. Une nouvelle hausse de 0,75 point lors de sa prochaine réunion, prévue le 27 octobre, semble désormais très probable.

« On attend ensuite une autre hausse de 0,75 point en décembre [la réunion suivante], puis de 0,25 point en février [celle d’après] », prédit la banque Nomura. Le taux d’intérêt de la BCE serait alors de 2,5 %, au plus haut depuis 2008. Ce resserrement monétaire a lieu, alors que l’économie européenne montre déjà de nombreux signes de ralentissement. La production industrielle est en baisse – la dernière statistique, pour juillet, indiquait un recul de 2,3 %. L’indice du sentiment économique, conçu à partir de sondages réalisés à travers la zone euro auprès des ménages et des entreprises, a fortement chuté en septembre, à 93,7 points, contre 97,3 points le mois précédent, 100 points étant la moyenne de long terme.

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