Footballeur, poétesse, chanteur : en Iran, la répression touche aussi des célébrités

Capture d’écran tirée d’une vidéo diffusée sur internet le 30 septembre 2022 montrant des Iraniens lançant des pierres sur un poste de police dans la ville de Zahedan, dans le sud-est de l’Iran.

En Iran, la contestation provoquée par la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs et morte à l’issue de sa garde à vue, ne s’essouffle pas. Vendredi 30 septembre, les forces militaires ont ouvert le feu sur les habitants de la ville de Zahedan (la capitale de la province du Sistan-et-Baloutchistan, située dans le sud-est du pays), avant la fin de la prière du vendredi. Au moins 58 habitants auraient été tués, rapporte la Campagne des activistes baloutches (BAC), une organisation de défense des droits humains basée au Royaume-Uni. Le gouverneur de Zahedan confirme la mort de 19 personnes.

La province du Sistan-et-Baloutchistan, majoritairement habitée par les Baloutches sunnites, une minorité ethnique et religieuse, discriminée et marginalisée par le pouvoir chiite, est ces jours-ci traversée par une vague d’indignation après qu’une fille de 15 ans, vivant dans le port de Chabahar, a été arrêtée et violée par le chef de la police. Malgré la coupure d’Internet dans cette province, les images et les vidéos qui sont sorties de Zahedan vendredi montrent des hommes blessés par balles, les habits et le corps ensanglantés.

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Ailleurs dans le pays, les identités des personnes tuées pendant les manifestations, commencées le 16 septembre surgissent les unes après les autres. Vendredi après-midi, c’est la mort de Nika Shakarami, âgée de 17 ans, qui a été confirmée. La lycéenne était sortie dans la rue avec ses camarades d’école à Téhéran, le 21 septembre, pour protester contre la mort de Mahsa Amini. Depuis ce jour-là, sa famille n’avait plus de nouvelles de la jeune fille aux yeux et aux cheveux noirs. Huit jours plus tard, ses proches ont reçu un appel téléphonique leur demandant de venir identifier son corps. Ses proches n’ont eu le droit de voir qu’une partie de son visage. L’explication donnée par les autorités pour sa mort est que la jeune fille est tombée par terre d’une hauteur, ce que la famille n’arrive pas à accepter.

Interpellations

En Iran, depuis le décès de Mahsa Amini, à en croire l’organisation d’opposition Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, au moins 83 personnes ont été tuées pendant les manifestations, qui touchent presque tout le pays.

Les arrestations se poursuivent partout. Pendant ce soulèvement, la nouveauté est la rapidité et la férocité avec lesquelles le régime répond aux célébrités qui osent soutenir les manifestants. Les gens ordinaires ne sont pas non plus à l’abri, à partir du moment où leurs initiatives prennent une grande ampleur. Ainsi, le joueur de football Hossein Mahini, ancien membre de l’équipe nationale, a été arrêté chez lui le 29 septembre. Il avait posté des tweets avec le mot-dièse Mahsa Amini. Selon l’agence de presse officielle IRNA, le sportif est accusé d’« avoir tenté de provoquer la révolte et le désordre dans le pays ».

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