La Fed relève ses taux directeurs de 0,75 point et prévoit « des hausses supplémentaires » en raison de l’inflation

La banque centrale américaine (Fed) a annoncé, mercredi 21 septembre, une hausse de trois quarts de point de ses taux et « anticipe que des hausses supplémentaires seront nécessaires », en raison d’une inflation toujours élevée et difficile à maîtriser.

Il s’agit de la troisième hausse d’affilée de ce niveau, les taux se situant désormais dans une fourchette comprise entre 3 % et 3,25 %, alors que l’inflation est attendue désormais à 5,4 % cette année, contre 5,2 % envisagés jusqu’ici. La Réserve fédérale prévoit désormais une croissance quasi nulle pour 2022 (+ 0,2 %), contre 1,7 % prévu en juin.

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« Le comité est fermement déterminé à faire revenir l’inflation à son objectif de 2 % », a déclaré la banque centrale des Etats-Unis dans un communiqué. La Fed « prévoit que de nouvelles hausses de l’objectif de taux seront appropriées », ajoute-t-elle.

Relever le taux directeur fait augmenter les taux d’intérêt des divers prêts aux particuliers et professionnels, afin de faire ralentir l’activité économique, et donc de desserrer la pression sur les prix.

Ralentissement volontaire de l’économie

Les taux des prêts immobiliers, par exemple, ont grimpé depuis le début de l’année : ils viennent de dépasser 6 % pour un prêt sur trente ans, pour la première fois depuis 2008. Cela fait baisser les ventes dans ce secteur qui avait affiché une bonne santé insolente depuis le début de la pandémie.

Mais ce ralentissement volontaire de l’économie est très délicat, car un trop grand coup de frein peut faire basculer les Etats-Unis dans la récession qui, d’ores et déjà, plane sur l’ensemble de l’économie mondiale. L’excellente santé du marché du travail offre à la Fed des marges pour agir de façon agressive.

Le taux de chômage actuel (3,7 %) est l’un des plus bas des cinquante dernières années et il n’y a pas assez de travailleurs pour occuper tous les postes vacants. Le taux de chômage devrait très légèrement augmenter sous l’effet de la hausse des taux directeurs, à 3,8 % en 2022, proche des 3,7 % précédemment attendus, avant d’atteindre 4,4 % en 2023 (contre 3,9 % anticipés en juin).

La puissante institution l’a répété : la lutte contre l’inflation est sa priorité. La laisser s’ancrer impliquerait des mesures encore plus douloureuses pour les ménages et les entreprises, comme ce fut le cas il y a quarante ans, après des années de flambée des prix frôlant parfois 15 %.

La banque centrale américaine, comme ses homologues partout dans le monde, tente de juguler une inflation provoquée par les perturbations de la chaîne d’approvisionnement liées à la pandémie de Covid-19 et exacerbée par la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation à cause de la guerre en Ukraine.

Le Monde avec AFP

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