Marina Silva : « Jair Bolsonaro est coupable d’une dévastation dramatique de la nature »

L’écologiste et candidate au poste de députée fédérale, Marina Silva, à Sao Paulo (Brésil), le 22 septembre 2022.

Deux décennies qu’elle incarne le combat pour l’écologie au Brésil. A 64 ans, Marina Silva est loin d’avoir abandonné la politique. Née en Amazonie, élevée au sein des communautés d’ouvriers collecteurs de latex, leader syndicale et défenseure de la forêt, ministre emblématique de l’environnement (2003-2008) du temps de la gauche au pouvoir et par trois fois candidate malheureuse à la présidentielle, la voilà désormais sur les rangs pour une nouvelle campagne, postulant au poste de députée fédérale à l’occasion du scrutin du 2 octobre.

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Opposante farouche à Jair Bolsonaro, qu’elle considère comme la « menace des menaces », Marina Silva a décidé de solder les vieux passifs. Le 12 septembre, elle a déclaré publiquement son soutien à son ancien mentor et président, Luiz Inacio Lula da Silva, candidat de gauche et favori du prochain scrutin, avec qui elle avait brutalement rompu à la fin des années 2000 sur fond de conflit sur la préservation de l’environnement.

Quel bilan faites-vous des quatre années au pouvoir de Jair Bolsonaro ?

Sur bien des aspects, et en particulier l’environnement, Jair Bolsonaro peut être considéré comme un criminel. Et un criminel de lèse-humanité ! Il est coupable d’une dévastation dramatique de la nature, d’attaques sans précédent contre les peuples indigènes, mais aussi de la destruction de nos institutions démocratiques, de notre tissu social, sans parler des millions de pauvres et des centaines de milliers de victimes de la crise du Covid-19. A terme, Jair Bolsonaro devra être rendu comptable de ses crimes, notamment écologiques, et être poursuivi devant la justice, que ce soit au Brésil ou à l’international. Mais avant cela, nous devons le sanctionner aux élections.

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Est-ce pour cela que vous vous êtes réconciliée avec Lula ?

Oui. Le Brésil vit un moment très crucial de son histoire. Il s’agit de préserver ce que nous avons de plus précieux : la démocratie et l’environnement. J’ai senti que la société brésilienne était en attente d’une position de ma part avant le premier tour. Avec le président Lula, j’ai toujours été ouverte au dialogue. Vous savez, même si nous n’avions plus eu de relations publiques durant des années, nous n’avons jamais cessé de nous parler en privé. Mais je voulais que cette réunion avec lui et le Parti des travailleurs [PT], dont j’ai été membre durant trente ans, se fasse d’abord sur des idées.

Vous avez remis à Lula un programme contenant vingt-sept propositions, dont plusieurs concernent la préservation de l’environnement…

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