Pour Bruno Le Maire, la tentation de Washington

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, lors de l’université d’été de l’organisation patronale, à Paris, le 30 août 2022.

Il y pense, et pas seulement en se rasant. Renouvelé à son poste de ministre de l’économie, en mai, au lendemain de l’élection présidentielle, Bruno Le Maire n’en prépare pas moins la suite. La succession de la Bulgare Kristalina Georgieva à la tête du Fonds monétaire international (FMI), prévue pour 2024, si celle-ci n’est pas candidate à un second mandat, est une perspective que le patron de Bercy étudie avec la plus grande attention.

L’ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes (2008-2009), qui fut conseiller de Dominique de Villepin pour les affaires étrangères, n’a jamais caché son goût pour la scène internationale et se verrait bien à Washington, ville qu’il apprécie depuis longtemps, dans le sillage des deux derniers Français ayant exercé la fonction, Dominique Strauss-Kahn (2007-2011) et Christine Lagarde (2011-2019).

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Dans cette hypothèse, M. Le Maire veille à ménager ses appuis. Lors de ses derniers déplacements aux Etats-Unis en tant que ministre de l’économie, il a notamment pris le temps d’aller voir l’ancien secrétaire au Trésor sous Donald Trump, Steven Mnuchin, aujourd’hui à la tête d’un fonds d’investissement mais toujours installé à Washington, et dont il est « resté proche », selon son entourage.

De probables autres candidats

Sa longévité à Bercy (cinq ans), tout comme ses fonctions passées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy – il est resté quatre ans ministre, soit 548 conseils des ministres au compteur, comme il aime le rappeler à ses amis –, en font un vétéran sur la scène européenne, où il est respecté. Certes, il n’est pas formellement économiste, un reproche déjà adressé à Mme Lagarde, aujourd’hui présidente de la Banque centrale européenne. Et il est probable que d’autres candidats se déclarent d’ici là.

Les statuts limitant à 65 ans l’âge du directeur général du FMI ont été supprimés en 2019, à l’occasion de la nomination de Kristalina Georgieva, alors âgée de 66 ans. Ce qui peut, en théorie, ouvrir le jeu. L’usage veut que la présidence de l’organisation internationale soit réservée à un Européen, celle de la Banque mondiale étant confiée à un Américain. Reste à voir si les pays émergents, qui demandent depuis des années à être mieux représentés, se satisferont à nouveau de cette répartition implicite des pouvoirs.

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Si un consensus se dégageait en faveur d’un Européen de l’Ouest pour remplacer la présidente bulgare, la candidature de M. Le Maire pourrait s’imposer. Et si le président Emmanuel Macron, qu’il a informé de ses ambitions, l’appuyait. Un pas de côté, loin des Français, qui ne compromettrait pas ses ambitions pour l’élection présidentielle de 2027, permettant à l’ancien député de l’Eure de prendre du recul avec la Macronie, sans pour autant rompre avec elle.

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