Suez rachète une ancienne filiale au prix fort

La bataille de l’eau en France avait fait un heureux : le fonds australien Macquarie croyait avoir racheté, le 8 août, les activités de déchets de Suez au Royaume-Uni, mises en vente par Veolia pour répondre aux exigences de l’autorité britannique de la concurrence. Mais c’était compter sans l’obstination du « nouveau Suez » à renaître de ses cendres. Selon plusieurs sources, le groupe dirigé par Sabrina Soussan a indiqué mercredi 21 septembre à Veolia qu’il exerçait son « droit de premier refus » sur cette ancienne filiale.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Veolia-Suez : la bataille de l’eau s’achève entre amertume et succès

Cela signifie qu’il va débourser environ 2,4 milliards d’euros pour cette transaction, la somme que Macquarie s’était engagé à verser, sur la base d’une valorisation jugée élevée. Pour financer l’opération, les actionnaires de Suez – les fonds d’infrastructures Meridiam et Global Infrastructure Partners ainsi que la Caisse des dépôts et consignations – devront injecter du capital. Ces investisseurs avaient bouclé le rachat du « nouveau Suez » le 31 janvier pour une valeur d’entreprise de 10,4 milliards d’euros.

Ambitions à l’international

Lors du traité de paix signé en avril 2021 à l’issue d’une bataille boursière épique, Veolia avait accordé à Suez une priorité pour reprendre les actifs que le numéro un mondial de la transition écologique serait contraint de céder pour des raisons de concurrence. En mai 2022, Suez avait déjà mis la main sur l’activité de traitement des déchets dangereux en France mise en vente par Veolia, pour une valeur d’entreprise de 690 millions d’euros.

Avec le rachat de Suez Recycling and Recovery UK, numéro 3 britannique du traitement de déchets (1 milliard d’euros de chiffre d’affaires), le « nouveau Suez » affiche ses ambitions à l’international. Après le raid mené par Veolia, son chiffre d’affaires avait été ramené à 7 milliards d’euros, soit 40 % de ce qu’il représentait avant l’OPA, réalisé dans l’eau et les déchets, essentiellement en France. Le groupe avait conservé des opérations en Italie, en Europe centrale ou en Australie, mais surtout dans le secteur de l’eau.

Lire le récit : Article réservé à nos abonnés Comment Veolia et Suez sont parvenus à « l’accord du Bristol » en vue de leur rapprochement

Ce sont quelque 6 000 collaborateurs dans les déchets au Royaume-Uni qui vont rejoindre les 35 000 déjà présents dans le groupe français. De quoi de nouveau chercher à rivaliser avec Veolia ? « A l’issue de cette opération, Veolia restera l’un des acteurs majeurs du secteur des déchets au Royaume-Uni et plus largement du marché des services à l’environnement de la zone, qui reste stratégique pour le groupe », a prévenu Estelle Brachlianoff, sa directrice générale, le 8 août.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.