Tony Gilroy, créateur d’« Andor » : « J’ai listé des défis transgressifs pour “Star Wars” »

Le scénariste et réalisateur Tony Gilroy, le 15 septembre 2022, à Los Angeles (Californie).

Scénariste des trois premiers volets de la série de films Jason Bourne (2002-2007), réalisateur de Michael Clayton (2007), Tony Gilroy a été, ces vingt dernières années, l’un des piliers du divertissement hollywoodien sophistiqué. Ce New-Yorkais, fils d’un dramaturge célèbre, était aussi l’un des consultants les plus demandés lorsqu’un studio ne savait que faire du scénario d’un long-métrage.

C’est à ce titre qu’il a fait irruption chez Lucasfilm, sauvant in extremis le projet Rogue One, récit très noir de la mission-suicide menée par des partisans contre l’Empire. Le film, sorti en 2016, fut un succès, mais, sous le mandat de Kathleen Kennedy, nommée par Disney à la tête de Lucasfilm, le studio n’avait pas poussé plus avant l’expérience entamée par Gilroy, préférant s’en tenir aux dogmes établis au fil des trois trilogies de la saga Star Wars. Jusqu’à Andor, dont on découvrira les trois premiers épisodes le 21 septembre.

A 66 ans, Tony Gilroy a reçu carte blanche – et un budget de plusieurs centaines de millions de dollars – pour renouveler la franchise créée en 1977 par George Lucas, transformant son univers en un environnement dystopique, dans lequel se débat son héros, Cassian Andor (Diego Luna), petit délinquant devenu révolutionnaire. De Londres, le créateur d’Andor raconte son irruption au cœur de l’Empire.

Vous êtes arrivé dans l’univers « Star Wars » en écrivant le scénario de « Rogue One », alors que vous aviez œuvré dans des genres très différents. Comment vous êtes-vous acclimaté ?

On m’a d’abord consulté en tant que script doctor. Dans cette position, vous apportez votre aide d’une façon un peu clinique. Vous triez les problèmes en fonction des chances qu’on a de les résoudre. Je l’avais déjà fait sur beaucoup de films et, là encore, il s’agissait de problèmes de personnages et de récit. J’ai utilisé les mêmes outils que d’habitude. Mais il y avait des règles en vigueur dans l’univers Star Wars que j’ignorais, et j’ai dû les apprendre.

Par exemple ?

Je me souviens que, dans une scène, quelqu’un nettoyait un couteau, et on m’a dit « il n’y a pas de couteau dans Star Wars ». Il n’y a pas de roue non plus, pas de papier. A l’époque de Rogue One, Lucasfilm était un peu comme le Vatican, très conservateur. Il y a un tribunal qui juge de ce qui est acceptable, comme la Curie, et, à sa tête, un homme nommé Pablo Hidalgo, dont la tâche est très difficile parce qu’il doit se souvenir de chaque détail [de la franchise].

Après « Rogue One », pensiez-vous revenir à « Star Wars » ?

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